Chronique “Des écoles et des livres” : Des écoles et des livres pour résorber la pauvreté

par Bombarde Info
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En Haïti, comme dans beaucoup de pays d’Afrique, la lecture est considérée comme un luxe, un passe-temps de nantis ou de dégénérés.L’accès aux livres est restreint et les non- lecteurs sont légion. Pourtant, un peu partout, les voix convergent et s’accordent pour dire que le développement d’un pays dépend de la capacité à lire de ses citoyens. Isaïe BITON Koulibaly(1949 -2021), journaliste et romancier très populaire en Côte d’Ivoire n’y va pas avec le dos de la cuillère. Dans son essai ” La Puissance de la lecture”(2005), il écrit :”L’une des grandes causes du retard de l’Afrique, en matière de développement, réside dans le manque permanent de lecture des Africains”. La Camerounaise Roseline Tekeu, fonctionnaire à l’Agence des États-Unis pour le développement (USAID) aborde la question par l’autre bout et montre comment les sociétés riches accordent de l’importance à la lecture et au savoir.

Dans une tribune publiée dans “Le Monde Afrique” en août 2019, elle avance :”Aux États-Unis où je vis, on dénombre une bibliothèque pour 2.500 habitants ; en France une pour 4.000 habitants. En Afrique du Sud, c’est une bibliothèque pour 11.210 habitants, au Bénin une pour 46.728 habitants et seulement une pour 406.779 habitants au Cameroun.Les sociétés riches mettent sur un piédestal le droit de savoir pour tous. Elles reconnaissent qu’un bon citoyen, c’est un citoyen éduqué, un citoyen qui sait lire et écrire.” Dans un article publié en mars 2015 , dans la revue adventiste Priorités, sous le titre “Lire ou ne pas lire” et le sous-titre ” En tant que jeune, la lecture pourrait -elle définir votre avenir, J. Vladimir Polanco explique comment la lecture a extirpé le Japon de la pauvreté après la dévastation qu’il a subie à l’issue de la Seconde Guerre mondiale :” Après la Seconde Guerre mondiale, le Japon était brisé. Deux bombes atomiques avaient été lancées sur Hiroshima et Nagasaki. Le pays a été submergé dans la pauvreté la plus terrible. Pourtant, le Japon est actuellement l’une des plus grandes puissances économiques du monde. Comment ce petit pays asiatique a-t-il réussi,en à peu près un demi-siècle, à surmonter les désastres de la guitare ? Je vais vous le résumer en deux mots : en lisant. Selon un rapport de l’UNESCO, 91% des Japonais ont l’habitude de lire. Francis Bacon a dit que “le savoir est lui-même pouvoir ” et la lecture est le moyen le plus efficace pour obtenir la connaissance. C’est à dire le pouvoir.

Ce n’est pas un hasard si les pays les plus développés du monde sont ceux dont les gens lisent le plus.” Dans son premier recueil de poèmes” La Quête de joie” publié en 1939, le poète français Patrice de la Tour du Pin (1911-1975) a produit des deux vers les plus célèbres :” Tous les pays qui n’ont plus de légendesSeront condamnés à mourir de froid.”Dans la foulée, je me demande donc si les pays où les gens ne lisent pas ne sont pas irrémédiablement condamnés à croupir dans la pauvreté. Isaïe BITON Koulibaly, dans “La Puissance de la lecture” , répète cette idée sur tous les tons :” Sans le développement de la lecture, l’Afrique ne se développera pas.”Mais lui-même, il constate avec amertume :” C’est devenu un lieu commun : les Africains ne lisent pas et n’aiment pas la lecture.”Mais,pour Roseline Tekeu, il existe une solution :” Pour enraciner le goût de la lecture dans nos sociétés africaines, l’idéal serait que toutes les écoles aient une bibliothèque.” Donc, la solution, elle passe par l’école. Une école où les responsables, à tous les niveaux, connaissent et reconnaissent l’importance et les vertus de la lecture et s’emploient à mettre des livres à la disposition de tous les enfants pour leur donner une chance de changer leur destin. Dans son article “Lire ou ne pas lire”,J. Vladimir Polanco exhorte les jeunes – à l’instar de Georges Castera – à prendre”. les livres en otage”:” Il y a quelque chose que nous pouvons faire : nous changer en devenant de bons lecteurs. Même si votre pays est pauvre ou peu développé, à travers la lecture et la connaissance, vous pouvez vous engager sur la route de la prospérité. Essayez de lire tout ce que vous pouvez. Ne limitez pas vos lectures aux matières de vos professeurs. N’importe où dans le monde, celui qui lit aura des avantages sur celui qui ne lit pas. La différence entre vous et vos pairs définira le nombre de livres que vous avez lus.” Bien avant lui, le célèbre dramaturge allemand Bertolt Brecht ( 1898-1956) écrivait dans sa pièce ” Mère Courage et ses enfants”(1940):” Va à l’école, sans logis, Deviens maître, ô miséreux, Et toi qui manques de pain, Dévore les livres !Les livres, ce sont des armes.

Tu dois devenir celui qui dirige.”En Afrique comme en Haïti, pour sauver les générations futures des griffes de la pauvreté : Bati lekòl toupatou,

Mete liv nan lekòl yo.

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